Aphone, la baleine de la Seine a préféré faire demi-tour (Seine-Maritime, France)
- Sibylline océans
- 21 oct. 2024
- 4 min de lecture
La saison des amours des baleines à bosse bat actuellement son plein dans l’estuaire de la Seine et l’une d’entre elles, éprise de Paul Watson, a souhaité lui dévoiler ses charmes. Le cap a donc été mis sur la capitale où est stationnée sa péniche. Oui, mais voilà, personne ne l’avait prévenue et le gentleman cétacé, informé que Sea Shepherd souhaitait le poursuivre à coups de sonars (source), a préféré faire demi-tour. Bien lui en a pris car avec un chant qui porte à « 3 – 4 kilomètres » (source), ses tentatives de séduction n’auraient pas abouti.
Qu’est-ce qui nous fait penser que Paul Watson fait partie du peuple des baleines ? Une partie des dons à Sea Shepherd, déductibles des impôts, servirait à financer la stratégie de communication pour sa libération, rôle donné à l’entreprise Image 7 (cf. interview de 45 minutes en direct de leur locaux, sur le sujet), boîte de consulting aux prestations réputées fort onéreuses (c’est généralement ce que l’on peut se permettre, mais ce n’est pas une obligation, quand le succès est au rendez-vous, du moins en matière de communication). Or, seuls les dons servant à l’intérêt général, par opposition à « particulier », sont fiscalement déductibles. La protection des baleines relève de l’intérêt général, celle d’un homme, de l’intérêt particulier. Conclusion : Paul Watson appartient à la famille des cétacés. Est-il le seul ?
Pour en revenir à la baleine de la Seine, sa nage avait beau être rapide, les photos qui nous sont parvenues ne sont pas en faveur d’un animal en bonne santé. Nous avons alerté les professionnels de la mer qui nous ont indiqué, dès le vendredi, que l’animal était en direction de l’estuaire. Ceux qui se disent experts, espérant capter le chant de la baleine, sont toujours à ses trousses (source). Là, c’est le gasoil qui est à la charge du contribuable, toujours par le biais des dons qui le financent.
Concernant la gestion de crise, nous sommes en France, donc comprendre qu’en matière d’urgence, rien n’est prêt (c’est gênant pour une urgence). Officieusement, @Sibylline océans a été consultée et a porté à la connaissance des acteurs un protocole, en collaboration avec ses partenaires, tenant compte de ce qui avait déjà été essayé, d’une part, mais également de l’état de stress du cétacé, d’autre part. A la lecture des médias, vous ne voyez qu’un seul acteur en avant : @Sea Shepherd, assez peu regardant sur ce qu’implique un travail collégial. L’honnêteté intellectuelle n’est pas une de leurs caractéristiques. L’association qui a donné l’alerte est le GECC (Groupe d’Etude des Cétacés du Cotentin) et c’est le GTMM (Groupe de Travail des Mammifères Marins) en détresse qui a été appelé, lui même né du constat de l’incompétence de @Pélagis (malgré deux vétérinaires dont une rémunérée 8500 euros mensuels) en matière de gestion des échouages vivants (cf. orque et béluga de la Seine, entre autres). Ce GTMM comprend l’OFB, des acousticiens, des vétérinaires, des pompiers, des pompiers vétérinaires, des biologistes et Sea Shepherd qui a imposé ses conditions dès le départ : nous n’intervenons que si nous pouvons nous exprimer librement. Ce groupe étant ministériel, nous avons du mal à comprendre que le devoir de réserve ne soit pas imposé. Ainsi, l’entreprise de communication Sea Shepherd, à chaque événement similaire, peut se permettre de faire faire sa pub en n’ayant cependant strictement AUCUNE connaissance sur les cétacés en détresse (nom du groupe, on le rappelle). Pour les animaux et les intervenants (26 en totalité, sur le béluga, avec des manœuvres fastidieuses, compliquées pour les acteurs et stressantes pour l’animal et dont on connaît l’issue), c’est dramatique. Le point positif, c’est qu’à chaque interview, on a le droit à des pépites. A quand une formation imposée « les cétacés pour les nuls » ? Quitte à ce que cela coûte cher au contribuable (des milliers d’euros à chaque fois, raison de la couverture médiatique, déductibles à 66 % pour les particuliers, 2/1000 pour les entreprises), autant qu’il y ait une petite, toute petite contrepartie pour les animaux.
Mis à part cela, le GTMM en détresse ne comprend aucune personne ayant déjà géré, avec succès, la prise en charge d’un échouage vivant (« renflouer n’est pas sauver » !), même d’un petit cétacé.
Pour ceux qui ne se disent pas « experts » et qui ne connaissent pas les baleines à bosse : alimentation, chant, etc… nous vous invitons à aller chercher l’information. Cela vous permettra de comprendre le caractère usurpé du mot « expert » sans cesse rabâché par @Sea Shepherd ainsi que de prendre conscience que si, en France, rien ne va, ce n’est pas sans raisons. La protection de la biodiversité l’illustre à merveille. En attendant, ce sont les animaux et la biodiversité qui en paient le prix fort.
Sinon, en Ecosse, dans le même temps, une baleine à bosse échouée, en très mauvaise condition, est repartie avec la marée. Elle ira agoniser loin des regards mais l’honneur sera sauf.

En parallèle, ont débuté, le 14 Octobre, les exercices annuels aérien de l’OTAN Steadfast noon 2024 (armes électromagnétiques) en même temps que l’exercice Strike Warrior (20 navires de guerre (sonars), trois sous-marins (sonars), 150 aéronefs (radars)), au large des côtes écossaises et en mer du Nord. Tuer la biodiversité marine pour « montrer ses muscles », tout un programme brillamment efficace !



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